Quand j’étais petite et que je m’endormais le soir dans mon lit de garçon manqué, avec des stroumphs comme couvre-lit, des draps verts forêt, des murs bleus et non pas des princesses comme j’en rêvais tant, je pensais toujours me réveiller le lendemain dans une chambre merveilleuse, au décor doux et rose, peuplé de licornes, de fées, de princesses, avec des voiles, un lit à baldaquin et des rideaux en dentelles… Je me disais que si j’y pensais et le voulais assez fort cela arriverait….
Quand mon père, qui fantasmait sur le fait d’avoir des garçons, mais qui a hérité de deux filles, nous trimbalait ma sœur et moi chez Canadian TIRE, pendant des heures, alors qu’il regardait chacun des clous en détails avant de les mettre dans le panier, qu’il nous amenait ensuite dans la section jouets et nous offrait des camions TONKA alors que je rêvais de Barbies, de maison de Barbie, de corvette rose décapotable ou alors du cheval blanc avec une longue queue soyeuse, de princesses ou de poupées à cajoler…. Je me disais que si je le souhaitais assez fort, un jour cela arriverait….
Quand encore une fois, mon père, nous amenait à la patinoire, ma sœur et moi, qu’il m’attachait mes patins de gars, noirs, trop serrés, qu’il m’enfonçait ma tuque bleue sur les yeux, en me disant « allez la petite, fait pas la peureuse là, patine » et que je me retrouvais immanquablement à garder des buts, le nez coulant, la peur de rater une rondelle et ne pas être un gars de la gagne… Je rêvais de patins blancs, avec des piques-piques au bout, de tournoyer en costume de satin et froufrou sur un miroir de glace, en tutu de satin rose, des brillants sur les joues et du gloss sur les lèvres, je me disais encore une fois, que si j’y pensais, fort, très FORT, un jour je serais un papillon, en fait une princesse papillon….
Quand je pleurais parce que je m’étais fait mal, ou je ne sais trop et que je cherchais des bras pour me réconforter et que mon père me repoussait en me disant que c’était seulement les fi-filles stupides qui pleuraient mais que sa fille à lui n’était pas une poule mouillée et qu’elle était meilleure que ça, en me donnant une tape sur l’épaule et en m’arrachant la moitié du bout du nez en tentant de me l’essuyer avec ses gros doigts malhabiles comme formule de consolation, je me disais que j’aimerais bien être assez bonne pour ne pas pleurer comme une idiote et j’ai apprit à refouler, ravaler mes larmes…
Quand plus grande, je jouais avant-centre au soccer, que je ramassais médaille sur médaille, pour la meilleure marqueuse, quand je courrais sur le gazon vert, les joues rouges, essoufflée, avec mon père qui m’encourageait dans les estrades, avec mes shorts laides et des protèges tibias pas très élégants… Devinez à quoi je pensais?
Quand je regardais les déguisements d’halloween encore une fois, avec mon papa que j'adore(parce que c’est surtout lui qui s’occupait de ma sœur et moi) et que je lorgnais du coté des lapins blancs, de Pocahontas ou encore de fées magiques, vous pouvez être sûre que je finissais en gars de la construction, en gars de l’armée une autre année, en robin des bois ou encore en gars de la chasse!
Alors…. Quand j’arrive chez ma sœur et que je vois Alys habillée de la tête aux pieds en rose, entrain de jouer avec une de ses 145 poupées filles, que je regarde sa chambre avec des fraises et des murs couleur bonbons, que ma sœur me parle de ballet classique ou de cours de piano, je me dis que je ne suis VRAIMENT pas la seule qui a souffert de ne pas pouvoir être une fille!
Êtes-vous surprit si je vous dit que je m’envias me faire faire une manucure ce midi :P
Biophotonic Scanner
-
Biophotonic Scanner masoara nivelul antioxidantilor carotenoizi din piele.
Studiile recente arata ca nivelul carotenoidelor din piele este diret
corelata c...
Il y a 11 mois

3 comments:
Toi un garcon manqué? J'y crois pas
Et aujourd'hui, ton papa, il accepte votre féminité?
y'A pas le choix, ma soeur et moi on l'entartine de rouge à lèvres quand on arrive chez lui!
Publier un commentaire